Bernard Faucon est l’un des plus anciens amis d’Hervé Guibert. Au milieu des années 1990, il a décidé d’arrêter la photo. Peur de se répéter, de s’enliser, de ne plus trouver de place fraîche sur l’oreiller. Il se lance alors, histoire de s’occuper un brin quand même, et de garder un pied dans un art qui l’occupe depuis quelques décennies, de travailler à un nouveau projet à l’occasion du troisième millénaire qui s’annonce : fournir à des enfants de différents pays du monde un petit appareil instamatic pour qu’ils racontent, photo et texte, une belle journée. Le projet se concrétise sous forme d’une exposition, qui tourne dans le monde entier, et d’un livre simple, magnifique et émouvant.
Je contacte Bernard Faucon par courrier fin juillet 2001, après avoir rencontré à Berlin Hans Georg Berger, un des grands intimes d’Hervé. Il me rappelle dès réception de ma lettre. Il est en vacances en août, moi aussi, nous échangeons plusieurs appels téléphoniques entre deux aéroports. Sa voix est douce, à la fois hésitante et décidée, comme un ressac à l’intérieur d’une puissante marée. Il émane d’elle une simplicité, une gentillesse et une douceur qui a quelque chose de maternel.
Bernard Faucon, justement, a quelque chose d’une maman : il cuisine. Pour lui, pour ses amis, pour ses lecteurs aussi puisqu’il a publié un recueil de recettes très personnelles préfacé par Hervé Guibert, justement.
Je reviens d’Andalousie le 28 août quand lui revient du Japon. Mon avion a du retard, je rate un train, je le rappelle : «J’aurai du retard.» Il répond : «Pas de problème. Je vous préparerai une salade de tomates.» J’arrive à 13h30. Tout commence par un thé vert du Japon, une salade de tomates, fromage et lentilles d’une fraîcheur exquise et d’un parfum rare.
L’appartement de Bernard Faucon, dans le dix-neuvième arrondissement, juste derrière la Villette et la Cité de la Musique, a la même simplicité que lui. C’est, en plus grand, la chambre d’un éternel étudiant : matelas sur le sol, cartes géographiques au mur façon école primaire années 1950 : l’Asie politique, le continent américain, une affiche japonaise montrant de très jeunes garçons en short, dont il émane une pureté et une fraîcheur étonnantes.
On s’installe pour discuter -- et manger -- sur une table de bois qui a gagné une âme et sur laquelle ont dîné tant d’amis. Bernard m’a tiré sur son imprimante un cliché d’Hervé avec les deux enfants -- Vincent et Pierre -- pris pendant le voyage au Maroc. Après la salade, j’ai droit à un yaourt. A la fin de l’entretien, Bernard Faucon appelle Pierre, qui n’est plus un enfant -- il doit avoir mon âge, une quarantaine d’années -- afin de faciliter une prochaine rencontre avec lui. Première réaction de Pierre : «Christian Soleil, c’est son vrai nom ?» Bernard discute quelques instants, puis me passe le combiné pour convenir d’un rendez-vous. La voix de Pierre est sensuelle, enjouée, amusante.
Bernard Faucon, c’est avant tout pour Hervé une rencontre autour de la photographie. Le jeune journaliste commence par signer un petit entrefilet sur le photographe dans Le Monde. Les deux jeunes gens se revoient, deviennent rapidement amis. «C’est Hervé qui est venu à moi, raconte Bernard Faucon. Je crois qu’il avait été séduit par l’univers insolite que je véhiculais avec mes photos.» Dès 1978, Hervé Guibert compose un bref article attachant dans lequel il brosse un portrait original de l’homme, à l’occasion d’une projection de diapositives organisée dans le cadre de la semaine sur l’enfance. Nul doute qu’il est séduit d’emblée par l’imaginaire de cet artiste hors du commun. «Faucon (ce n’est pas un pseudonyme), écrit Guibert, vit du commerce de mannequins anciens, cire, bois, ou celluloïd. Il garde pour lui les mannequins d’enfants et les entrepose dans la maison de ses parents, dans le Midi. De temps en temps, il va retrouver sa colonie de petits amis, les habille et les déshabille de culottes courtes et de pyjamas, les submerge d’un bric-à-brac ludique et leur fait jouer des scènes empruntées aux «Aventures du club des 5» ou aux «Signes de piste». Il prépare à goûter, leur fait manger des huîtres dans la neige, les fait courir dans la forêt et les emmène au bord de la mer. [...] Parfois, il les noie. Et pour eux, il embrase des paysages. Il les fait incendiaires ou cinéastes, il installe des caméras et des projecteurs dans une grange pour qu’il puissent tourner un film dont l’acteur est un véritable enfant.»
Quand Hervé couvre le festival de la photo en Arles, il fait un détour par Apt, où habite Bernard. L’une des premières visions que ce dernier garde en mémoire est celle d’Hervé débarquant en Jaguar au bord du champ de lavande qui jouxte la maison de ses parents. Il est accompagné de Thierry et de deux amis, dont «celui qui ne lui a pas sauvé la vie». Une vision pittoresque de parisiens à la campagne. Dans les mois et les années qui suivent, Hervé vient régulièrement passer une soirée chez Bernard. Il arrive à 20h30 avec sa traditionnelle bouteille de champagne rosé, il dîne vers 22h30, puis il prend congé. Il pourra ainsi se lever assez tôt le lendemain matin pour travailler.
Hervé signera un autre article sur Bernard Faucon en 1979, Les Plaisirs de l’enfance, lors d’une exposition de ses photographies chez Agathe Gaillard. Il commence par y décrire l’univers de Faucon. D’abord le quartier de la Goutte d’or, où le photographe reçoit régulièrement Guibert et d’autres amis à dîner : «Bernard Faucon habite rue de la Goutte d’or, dans un quartier qui vit, où les coiffeurs travaillent même le dimanche, où les portes restent ouvertes, où des musiques chaudes sortent des portes, où des gens bavardent aux fenêtres, où les enfants courent après des chiens dont la laisse est un morceau de ficelle, où l’on veut vous vendre trois paires de chaussettes pour 10 francs, où l’on procède à toutes sortes de trocs, de nourriture, de chair, de langage.»
Puis l’appartement : «En haut d’un escalier sombre et étroit qu’on ne peut dire que tortueux, un royaume suspendu, qui n’a rien à voir avec la rue, mais qui ne se cache pas derrière des rideaux, un repaire de maniaque, qui ne dissimule rien, qui laisse traîner ses secrets, qui les offre.» Le journaliste détaille ensuite la décoration, les objets, mannequins d’enfants encombrants, jeux de miroirs, service à thé en porcelaine, machine à coudre, linge qui sèche. Enfin il observe la tenue de son hôte, elle aussi héritée de l’enfance : «... le tricot de corps en coton, le jean et les tennis, la petite cravate rouge, l’avion taille-crayon attaché à la boutonnière. Bernard Faucon a vingt-huit ans, mais l’enfance se re-présente dans la moindre de ses attitudes, dans les cheveux de Peter Pan, dans le profil de Pinocchio, dans la démarche d’un prince de conte de fées, comme un mode de vie, une douceur délibérée, hors du temps.»
On voit enfin Bernard Faucon étaler ses photos dans une sorte de rituel, dévoilant ses trésors. «Une seule prise de vue lui prend parfois huit jours, car il s’agit d’une vraie mise en scène dont il est à la fois le décorateur, le costumier, l’accessoiriste, l’opérateur.» Bernard Faucon met en scène avec ses mannequins des situations d’enfance en liberté, d’enfance en vacances, inspirées d’adolescentes lectures, avec un choix méticuleux des vêtements, des positions, et un parti pris de la joie et de la gaieté.
«La perversion de l’image est de mêler parfois aux mannequins de vrais enfants et d’en faire leurs proies, ligotés à des totems de serpentins ou reconstituant une Cène orgiaque, étendus sur une nappe, le corps parsemé de fleurs, de raisins, de sucreries et de tranches de pastèque. Dans la nuit, deux enfants s’abritent sous un grand imperméable, le feu de camp brille dans leurs yeux : l’émoi le plus simple.»
Hervé Guibert signera encore un long article sous forme d’entretiens avec Bernard Faucon, L’Expérience première, en 1981, à l’occasion de la publication du premier livre du photographe, Les Grandes Vacances, aux éditions Herscher. «Dans les dernières photos de Bernard Faucon, réalisées cet été, des enfants rigides aux têtes de cire veillent pieusement sur la crucifixion d’un petit garçon vivant, au bord d’une route de campagne ; une clairière nocturne s’entrouvre pour découvrir un fils de Pan ; des trombes de lumière entrent dans les chambres et font voler les livres, les soirs d’éclipse brûlent les yeux des enfants.»
Quand Bernard Faucon propose à Hervé de partir en voyage au Maroc avec deux enfants, l’idée ne peut que séduire le jeune écrivain. Tout commence presque comme dans La Plage, mais sans Di Caprio. Une journaliste confie à Bernard Faucon le secret d’un petit endroit marocain loin des tourments touristiques. Il en parle à Hervé, qui prend l’affaire très au sérieux, et les voilà préparant le voyage avec deux enfants : Vincent, que Bernard connaît bien, et Pierre, un ami de Vincent. Aussitôt, Hervé se met à écrire. D’abord un voyage imaginaire, un voyage de rêves, de fantasmes. Puis, pendant le séjour qu’il passe la plupart du temps penché sur ses carnets, il relève scrupuleusement tous les détails de ces vacances extraordinaires. Scrupuleusement ? Avec une rigueur en tout cas peut-être plus forte que dans aucun de ses livres. Il s’agit de retenir les instants qui correspondent à la naissance d’un amour fou. L’un des enfants est en effet Vincent. On frôle dans cet ouvrage la pureté totale des sentiments. En même temps l’on n’est pas si loin d’une relation père-fils avec toutes ses ambiguïtés, du fait de la différence d’âge qui sépare les deux protagonistes Hervé et Vincent. Mais le vrai voyage est encore une fois celui de l’écriture. Une affaire toujours très littéraire, en somme, un jeu de plus que lui offre la vie pour inspirer un livre.
Bien sûr, personne n’a le droit de lire quoi que ce soit, ni dans ses notes, ni dans le livre qui prendra forme ensuite. «Pas moi en tout cas, précise Bernard Faucon. A ma connaissance, seul Mathieu Lindon avait ce droit. On ne peut pas dire que nous nous soyons influencés sur le plan artistique. Les photos d’Hervé, si elles ne sont pas capitales, constituent un bel accompagnement de son oeuvre littéraire.
«En fait, souligne Bernard Faucon, le voyage au Maroc prend dans le livre des proportions qu’il n’avait pas à mes yeux dans la réalité. Les enfants ont été souvent assez chiants, on ne peut pas dire que ç’ait été totalement une réussite. Il y a eu beaucoup de ratages, on s’est beaucoup perdus, attendus...» C’est un processus fréquent chez Guibert. Les voyages sont l’occasion d’une re-création. D’abord parce qu’il est disponible pour écrire, pressé d’écrire donc il puise dans son quotidien, mais aussi et surtout parce qu’il est écrivain et que sa vérité l’emporte donc sur le réel. Son voyage en Egypte aurait aussi été une catastrophe, selon Faucon, ce qui n’apparaît pas dans le livre cosigné par Hans Georg.
Dans la première partie de l’ouvrage, où Hervé Guibert prépare son voyage, il est à l’affût de toutes les histoires d’enfants qu’il puisse trouver. Et bien entendu, celles qu’il rapporte sont corsées, par exemple ce fait divers : un plombier croise dans la rue un gamin de trois ans, le sodomise, l’étrangle, ramène le cadavre chez lui, puis sa femme et son fils l’aident à se débarrasser du cadavre. Quand Hervé s’étonne de la prise en charge du crime par la famille de l’assassin, sa mère -- qui est pourtant pour la peine de mort, précise-t-il -- rétorque : «Mais si toi tu faisais quelque chose de cette sorte, nous chercherions aussi, par tous les moyens, à t’en sauver.»
Son ami, «B.» lui prête le journal d’un homme de quarante ans, qui vit chez ses parents et aime les enfants. «Amoureux d’un géant de quinze ans, il conduit sa voiture à tombeau ouvert, collectionne les slips sales d’enfants dans des flacons, et s’émeut en lisant dans le journal le fait divers d’un enfant berger, d’un petit berbère lapidé pour avoir massacré en le sodomisant un pélican mâle.»
Hervé emmène son neveu au cinéma. Un homme nu surgit sur l’écran. L’enfant réagit immédiatement à cette vision : «... la vue de la verge en érection le rendait fou, l’emportait, attiré par elle il se levait pour suivre les mouvements de l’acteur, qui débordait de l’écran mais continuait à être visible, un peu atténué, sur le mur au bord de l’écran, alors mon neveu, que je n’arrivais pas à contenir, allait lécher sur le mur l’emplacement où la verge était projetée...»
Le véritable voyage est évidemment moins fantasmatique. Le chauffeur du taxi qui l’emmène à l’aéroport lui prédit déjà des rapines, le bagage trop lourd lui endolorit l’épaule, l’aéroport est crasseux à cause d’une grève du nettoyage, et envahi par la foule des grands jours. Remarque d’Hervé : «Pour échapper à l’horreur, il faudra une grande force de recueillement.» Il voudrait téléphoner à T. pour lui dire un petit mot d’amour avant le départ, mais le téléphone ne répond pas, la cabine ne rend pas la pièce, il la frappe et se fait mal, il fait une chaleur épouvantable, le premier contact avec les enfants manque un peu de naturel, et quand il commence de griffonner dans son carnet, un type s’approche pour lire ce qu’il écrit. Ce n’est que le début. Tout le voyage sera à l’avenant. Le récit des petits ennuis du réel, au milieu desquels pourtant surgit parfois une lueur d’espoir et de beauté, à travers la tendresse mutuelle d’un adulte et d’un enfant : «Je lui dis : tu es le plus bel enfant de la terre. Il me répondit : Et toi, tu es le plus bel adulte de la terre et de la gadoue.»
Entre la vie rêvée et la vie réelle, pas toujours facile de se situer. Les deux participent en tout cas de la vraie vie, de la vie complète. L’une a la perfection du désir, l’autre semble toujours ratée parce qu’elle ne parvient pas à la même hauteur. Mais a-t-on jamais le choix ? Le rêve, le fantasme, le sommeil, les sensations : Hervé Guibert décortique tous les états de conscience les uns après les autres, et démontre de manière sensible qu’on n’existe jamais que dans l’instant.
En 1991, Bernard Faucon publie un livre, Tables d’amis, dont la couverture annonce : «Vingt-et-un menus de Bernard Faucon, légers, mais consistants, faciles à préparer pour nourrir ses amis.» Les recettes sont accompagnées de photographies de Jean-Claude Larrieu, qui montrent les amis de Faucon à sa table, et la préface est signée Hervé Guibert.
«Quand on mange un légume chez Bernard Faucon, on ne mange pas seulement sa tige ou son coeur, écrit-il, mais le terreau qui a été son berceau, et l’on rencontre les mains qui l’ont cueilli ; le légume est célébré dans son intégralité, dans sa pureté, dans son mystère : c’est faire de l’alchimie sur la fane d’un poireau, sur la fibre du navet, sur la rondeur malicieuse du grain de riz. Bernard Faucon nous a rapporté l’ail et l’huile d’olive du Midi, le curry de la Thaïlande, le tofu du Japon, la truffe abondante des jours de fête.»
«Hervé avait une grande admiration pour Bernard Faucon, souligne Hans Georg Berger. C’est vraiment Bernard, avec tout son univers, qui lui a inspiré Voyage avec deux enfants et Vous m’avez fait former des fantômes. Hervé avait surtout un immense respect pour le travail et la morale de Bernard Faucon. Il n’avait pas cette attitude avec toutes les personnes qui gravitaient dans le monde de la photo.»
Une grande admiration certes. Comme il l’écrit lui-même, Bernard Faucon lui a appris la bonté. Cet ami-là est l’une des très rares personnes qui échappe à l’éreintement amical mais parfois cruel auquel il procède dans son oeuvre. Mais comme toujours, Hervé parle finalement peu de lui-même, il se dévoile rarement. «Il était assez prudent, méfiant. Il ne s’abandonnait jamais. Il m’a par exemple caché pendant des années la relation qu’il a poursuivie avec Vincent après notre voyage, et qui éclate dans Fou de Vincent. Thierry était sans doute la personne qui représentait pour lui la confiance totale, la continuité, la stabilité. Il était un garde-fou. Ils étaient tous deux très complémentaires. Je ne pense pas qu’Hervé soit resté amoureux fou de Thierry pendant quinze ans, mais il avait trouvé là une sorte de famille, quelqu’un d’apaisant en tout cas. Mais avec tout le monde, ses griffes étaient toujours prêtes. Hervé broyait ce qu’il aimait. Ce fut le cas avec se parents. Il sacrifiait tout à la littérature.
«Le destin d’Hervé a quelque chose de remarquable. Il était quelqu’un de fragile, de sensible, voire de douillet. Je me souviens qu’un jour au Maroc, il a fait toute une histoire pour simplement traverser un ruisseau. Et le voilà malade du sida, crucifié, torturé. Mais là c’était différent. Cette maladie, c’était la sienne, il l’avait concoctée au fond de lui-même. Il avait été cruel et dur avec tout le monde, mais il ne s’est pas épargné. Il y a quelque chose de mystique dans son destin.»
Quand Hervé, au début des années quatre-vingt, collabore à L’Autre Journal, il décide de créer une rubrique avec Bernard Faucon. Intitulée Les Enfants exceptionnels, elle présentera des profils de mômes étonnants, textes d’Hervé, photo de Bernard. Pour les recruter, les deux amis passent des petites annonces dans la presse. Cela donnera finalement quatre portraits. L’un des enfants concernés deviendra un designer renommé. Le cinquième portrait sera finalement refusé par le directeur de la revue, et l’expérience tournera court.
«A la fin de sa vie, explique Faucon, Hervé voulait faire ses adieux à Vincent. Mais Vincent n’est pas venu. Sans doute a-t-il eu peur. Je ne sais pas. Hervé a été mortifié par cette absence. Vincent n’était pas forcément très apprécié de l’entourage d’Hervé. On l’a vu arriver à la levée du corps. Il venait de réaliser ce qui se passait.»
Christian Soleil
Août 2001
Aucun commentaire pour cet article
| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||